MARINE LE PEN: La haine tombe le masque en Espagne

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Considérée par certains comme plus modérée que son père, qui croit en l’inégalité des races et pour qui les chambres à gaz ne sont qu’un détail de l’Histoire, Marine Le Pen a mis à mal sa stratégie de communication dimanche soir en Espagne. Lors de son interview diffusée par la chaîne espagnole La Sexta, la numéro un du FN semblait avoir oublié son masque au contrôle d’embarquement de l’aéroport. Ironie du sort pour qui prétend fermer les frontières…

Tout avait pourtant bien commencé pour Marine Le Pen, qui contournait la question concernant le sondage selon lequel la moitié des Français considèrent son parti comme une menace pour la démocratie, tout en niant avoir une idéologie d’extrême droite. Mais le fond a pris le dessus sur la forme quand Ana Pastor, journaliste de La Sexta, interroge la leader du FN à propos de son projet de disparition du flux migratoire: “C’est ce que vous faites avec la porte d’entrée de votre appartement. Je n’ouvrirai la porte temporairement que si cela est bon pour la France. C’est la différence entre un mur et une porte”… Ou peut-être la différence entre le nazisme hitlérien et celui du 21e siècle. Une idéologie qu’elle ne considère pas d’extrême droite mais “euro-réaliste”. Selon cette nouvelle pensée, Marine Le Pen affirme qu’un Espagnol “peut venir en France, mais pas pour travailler”. Face à la surprise d’Ana Pastor, qui n’a pu contenir un “encore heureux”, Marine Le Pen précise “sauf s’il a des qualifications qu’on ne trouve pas en France”. C’est vrai, ce n’est pas de l’extrême droite: on ne parle plus de race supérieure, mais d’immigration supérieure.

A partir de là, l’interview dérape et l’interviewée attaque la journaliste: “Avez-vous donné de l’argent, à titre personnel, à des associations d’immigrés? En avez-vous accueilli dans votre appartement?”. Ana Pastor répond affirmativement et conclut son interview par une question intéressante sur la recherche de soutien du FN en Espagne pour les élections européennes. Marine Le Pen avoue n’avoir trouvé aucun parti “euro-réaliste” en Espagne, à sa grande surprise. Le Parti Populaire espagnol, fondé par Manuel Fraga, ex-ministre franquiste, serait trop modéré à son goût. Surprenant venant de la part de quelqu’un qui ne se considère pas d’extrême-droite…

Texte: Roman Bellver (twitter: @Romanbellver)
Photos: La Sexta

Interview complète de Marine Le Pen (Ana Pastor – “El Objetivo”)