COUPE DU MONDE: Une compétition télédirigée par Nike et Adidas?

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Deux duels Nike-Adidas en demi-finales de la Coupe du Monde. Coïncidence? Les arbitrages, ainsi que le tirage au sort initial et les croisements ultérieurs laissent planer un sérieux doute.

Texte : Roman Bellver (@Romanbellver)

Le tirage au sort
Tout a commencé lors du tirage au sort des groupes de la Coupe du Monde. Curieusement, les deux derniers vice-champions, les Pays-Bas et l’Italie, n’étaient pas têtes de série. Leurs places étaient occupées par la Belgique et la Colombie, deux sélections en pleine progression, mais n’ayant pas le palmarès des deux premières, que ce soit dans un passé récent ou dans l’histoire du football.
Le résultat d’un tirage au sort mis en doute par certains médias a été déséquilibré, avec deux “groupes de la mort”: l’Italie, l’Uruguay et l’Angleterre d’une part, puis l’Espagne, les Pays-Bas et le Chili de l’autre.
Laissant de côté les théories de boules chauffées ou refroidies, un bon ami et ancien joueur de Liga m’a invité à simuler les rencontres les plus probables en regardant les marques portées par chaque équipe. Le résultat a été très frappant. Même si cela n’incluait pas la surprise du Costa Rica ou l’échec de l’Espagne, le parcours très accessible de l’Allemagne, de l’Argentine et du Brésil jusqu’aux demi-finales attirait déjà l’attention. Un chemin finalement parcouru, non sans un certain «coup de pouce».

Arbitrage et conséquences
Le Brésil et les Pays-Bas, les deux colosses de Nike, ont bénéficié d’arbitrages favorables dans les moments les plus critiques. Les Brésiliens ont réussi à revenir au score lors du match d’ouverture face à la Croatie grâce à un penalty inexistant, et ont été avantagés face au Mexique et à la Colombie. Les Hollandais ont fait tomber la foudre sur l’Espagne, mais se sont imposés face au Chili avec un arbitrage très contesté pour finir premiers du groupe. Ainsi, le Brésil et les Pays-Bas ne se rencontraient pas en huitièmes de finale, évitant de se croiser avant une éventuelle finale.
Même le match décisif Grèce-Côte d’Ivoire a bénéficié à la marque américaine: l´équipe africaine, sponsorisée par Puma, a été éliminée à la dernière minute par un penalty plus que douteux en faveur des helléniques sponsorisés par Nike …

Adidas s’en sort aussi très bien malgré l’élimination prématurée de l’Espagne. Ses deux autres équipes les plus puissantes, l’Allemagne et l’Argentine, avaient besoin de terminer premières de leurs groupes respectifs pour ne pas se rencontrer avant la finale. Et ce fut ainsi. L’ Allemagne a fini première sans trop de difficultés, mais l’Argentine a bénéficié d’un petit “coup de pouce” pour éviter de compromettre sa première place face à l’Iran : alors que le score était de 0-0, les Iraniens ont réclamé en vain un penalty évident de Zabaleta sur Dejagah. L’Argentine a finalement gagné ce match décisif à la dernière minute.

Les critères variables
Au-delà des erreurs sur les penalties et les hors-jeux, la différence de critères à l’heure de sortir des cartons ou d’adopter des sanctions a posteriori est frappante. Le Français Matuidi, qui a grièvement blessé le Nigérian Onazi, a juste écopé d’un carton jaune et n’a pas été sanctionné par la suite. Rodrigo Paiva, attaché de presse de l’équipe nationale brésilienne qui a frappé le joueur chilien Mauricio Pinilla à la mi-temps, n’a eu initialement qu’un match de suspension avant de voir sa sanction augmentée à quatre rencontres. Un critère très différent a été appliqué à l’inacceptable et récidiviste morsure de Luís Suárez sur l’italien Chiellini: quatre mois sans pouvoir jouer, s’entraîner ni entrer dans un stade de football, en plus d’une amende de 100.000 francs suisses et de l’expulsion immédiate de toute einceinte officielle du tournoi, hôtel où séjourne son équipe inclus. La formation uruguayenne, sponsorisée par Puma, s’est vu privée de sa star pour le reste de la compétition. La sélection céleste perd ensuite contre la Colombie (Adidas), qui s’inclinera en quarts de finale face au Brésil, non sans décisions controversées de l’arbitre Velasco Carballo. La victoire du Brésil a permis que les demi-finales donnent lieu à deux duels Adidas/Nike…

La Coupe du Monde est l’événement sportif mondial ayant le plus d’impact, avec plus de trois milliards de téléspectateurs. Nike et Adidas sont de loin les deux marques de vêtements de sport qui investissent le plus dans le football. Cet article n’est pas une accusation. Il s’agit d’une réflexion basée sur des doutes plus que raisonnables en tenant compte du contexte actuel du football (Qatargate, matchs truqués et autres cas de corruption). Chacun est libre d’analyser le tirage au sort, les croisements qui en découlent ainsi que le déroulement et de la compétition. Le doute semble légitime.

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